Processus de minéralisation et impact de l’irrigation sur les ressources en eau souterraine au Sahel : Cas du périmètre irrigué de Birni N’Konni (Sud-Niger)
DOI:
https://doi.org/10.19044/esj.2025.v21n24p175Keywords:
Semi-aride, Sahel, irrigation, impact, salinisation, périmètre irrigué de Birni N’KonniAbstract
Au Sahel, en raison de la forte variabilité interannuelle des eaux de surface, les ressources en eau souterraine représentent la ressource la plus fiable pour l’irrigation. Toutefois, une évaluation préalable de leur disponibilité, qualité et dynamique pluriannuelle s’avère nécessaire afin de garantir l’efficacité et la durabilité des systèmes de production agricole. Une étude associant les données piézométriques et géochimiques a été réalisée a posteriori dans le périmètre irrigué de Birni N’Konni (Sud Niger) afin d’évaluer l’impact de l’irrigation sur les ressources en eau souterraine. Les résultats montrent que les eaux sont principalement sulfatées calciques et magnésiennes (75%) et bicarbonatées calciques et magnésiennes (25%). Les résultats montrent que la minéralisation des eaux est principalement contrôlée par le processus d’interaction eau-roche et dans une moindre mesure par l’évaporation de la nappe. Les différents indicateurs conventionnels de la qualité de l’eau pour l’irrigation (EC, SAR, %Na, RSC, MAR et l’IP) indiquent que l’eau souterraine est dans une large gamme (75%) impropre et présente, à court et à long terme, de forts risques de salinisation qui nécessiterait un recours aux cultures de plantes plus tolérantes au sel. Les données piézométriques montrent que le développement de l’irrigation et le faible taux de renouvellement ont entraîné une baisse généralisée du niveau de la nappe de plus de 4 m depuis les années 1960. Cette étude montre que le risque de salinisation à court ou à long terme demeure permanent mais reste moins préoccupant que la baisse du niveau de la nappe phréatique. Par conséquent, nous appelons à la prudence quant à l’utilisation de l’eau souterraine pour l’irrigation et au développement de l’irrigation intensive pour une gestion durable des ressources en eau souterraine.
In the Sahel, due to the high inter-annual variability of surface water, groundwater resources are the most reliable resource for irrigation. However, a preliminary assessment of their availability, quality, and multi-year dynamics is necessary to ensure the efficiency and sustainability of agricultural production systems. A study combining piezometric and geochemical data was carried out retrospectively in the Birni N'Konni irrigated area (southern Niger) to assess the impact of irrigation on groundwater resources. The results show that the waters are mainly calcium and magnesium sulfate (75%) and calcium and magnesium bicarbonate (25%). Water mineralization is mainly controlled by the water-rock interaction process, and to a lesser extent, by groundwater evaporation. The various conventional indicators of water quality for irrigation (EC, SAR, %Na, RSC, MAR, and IP) indicate that groundwater is largely (75%) unsuitable and presents a high risk of salinization in the short and long term, which would require the use of more salt-tolerant crops. Piezometric data show that the development of irrigation and the low renewal rate have led to a widespread decline in the water table of more than 4 m since the 1960s. This study indicates that the risk of salinization, whether in the short or long term, remains a permanent concern, but is less significant than the drop in the water table. Therefore, we call for caution in the use of groundwater for irrigation and the development of intensive irrigation for the sustainable management of groundwater resources.