Résistances sociales autour de la césarienne à Dimbokro (Côte-d’Ivoire) : Le poids des déterminants socioculturels
Keywords:
Déterminants - Césarienne – Résistances – Femmes – DimbokroAbstract
Alors que la césarienne connaît un taux élevé en Afrique subsaharienne, le défi de la mortalité maternelle et périnatale demeure. Même si la césarienne est de plus en plus acceptée par les femmes enceintes dans certains pays, de nombreuses formes de résistances persistent et ne sont pas sans conséquences. En Côte d’Ivoire, l’insuffisance de documentation sur les facteurs de résistances sociales autour de la césarienne limite des actions adaptées et salvatrices. Cette étude a donc pour objectif de comprendre les résistances sociales autour de la césarienne à Dimbokro, à partir de parcours de femmes césarisées, afin d’en saisir les principaux déterminants. À partir d’entretiens approfondis réalisés avec des femmes césarisées et non césarisées, des proches aides, des prestataires de soins des matrones guérisseuses sur la réfraction sociale à la césarienne, trois facteurs clés ont émergé de notre analyse : l’attachement aux pratiques médicales traditionnelles liées à la grossesse et l’accouchement, les pesanteurs des interdits, totems et dogmes religieux et les normes de genre et des considérations sexospécifiques liées à la reproduction. Une meilleure compréhension de cet acte médical chez les communautés pourrait limiter les décès maternels et périnatals évitables.
While cesarean section rates are high in sub-Saharan Africa, the maternal and perinatal mortality challenge remains. Although C-section is increasingly accepted by pregnant women in some countries, many forms of resistance persist and are not without consequences. In Côte-d'Ivoire, the lack of documentation on social resistance factors around caesarean section limits adapted and saving actions. This study, therefore, aims to understand the social resistance around the caesarean section in Dimbokro, based on the courses of women who have undergone cesarean sections and to grasp the main determinants. Based on in-depth interviews with Cesarean and non-cesarean women, close helpers, care providers of the healing matrons on social refraction at caesarean section, three key factors emerged from our analysis: Attachment to traditional medical practices related to pregnancy and childbirth, the weight of prohibitions, totems and religious dogmas, and gender norms and reproductive gender considerations. A better understanding of this medical act in communities could limit preventable maternal and perinatal deaths.