Vulnérabilité socio-économique et insertion professionnelle des jeunes filles de 15 à 25 ans dans la commune de Fianarantsoa I à Madagascar : une analyse mixte des perceptions et des défis locaux

Authors

  • Nasolo Sedravola Randimbiarison Ecole Normale Supérieure, Sciences de l’éducation, Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique et en Education (LIDIE), Fianarantsoa, Madagascar
  • Andry Harinaina Rabearisoa Ecole Normale Supérieure, Sciences de l’éducation, Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique et en Education (LIDIE), Fianarantsoa, Madagascar

DOI:

https://doi.org/10.19044/esj.2024.v20n31p96

Keywords:

Vulnérabilité socio-économique, insertion professionnelle, jeunes filles, politiques publiques, formation professionnelle

Abstract

À Madagascar, la vulnérabilité socio-économique des jeunes filles et leur insertion professionnelle représentent un défi de développement majeur. Cette problématique est particulièrement marquée dans la commune de Fianarantsoa I, où l'exclusion du système éducatif et l'accès limité aux services de base compromettent leur intégration socio-professionnelle. Cette étude vise à : (1) analyser les vulnérabilités socio-économiques des jeunes filles âgées de 15 à 25 ans dans leur parcours d'insertion professionnelle ; (2) évaluer l'efficacité des politiques publiques locales en matière de réinsertion socio-professionnelle. Une approche méthodologique mixte a été adoptée, combinant des entretiens semi-directifs (n=53) auprès d'acteurs sociaux et de jeunes filles en situation de vulnérabilité, ainsi qu’une enquête quantitative (n=150). Le processus d’analyse qualitative, réalisé avec le logiciel MAXQDA24, a permis de coder et de catégoriser les réponses selon des thématiques principales. Les catégories identifiées incluent l’abandon familial (51,07 %), la santé reproductive (48,03 %), les discriminations (75 %) et les violences basées sur le genre (41,04 %). Ces facteurs, associés à des réalités telles que les mariages forcés (31 %), le travail du sexe (31 %) et les conditions de vie précaires, révèlent un cycle de marginalisation sociale et économique. Les récits des participantes illustrent ces obstacles : déscolarisation (24,1 %), grossesses précoces (17,2 %) et alcoolisme (10,3 %), qui exacerbent leur exclusion du marché formel. Les analyses statistiques confirment une prévalence élevée de déscolarisation précoce : 52,8 % des participantes ont quitté l’école au niveau primaire, 34 % ont atteint le collège, et seulement 11,3 % ont poursuivi jusqu’au lycée. Une seule participante (1,9 %) a accédé à l’université. Ces données révèlent un accès très limité à l’éducation secondaire et supérieure, touchant moins de 15 % des jeunes filles, ce qui les confine souvent à des emplois précaires ou les exclut totalement du marché formel. L’étude propose des recommandations stratégiques, notamment l’adaptation des programmes de formation aux besoins locaux, l’instauration de politiques inclusives pour lutter contre les stéréotypes de genre, et la création d’emplois adaptés aux compétences des jeunes filles. Ces mesures visent à briser le cycle de vulnérabilité et à favoriser leur insertion sociale et économique durable.

 

In Madagascar, the socio-economic vulnerability of young girls and their professional integration represent a major development challenge. This issue is particularly pronounced in the commune of Fianarantsoa I, where exclusion from the educational system and limited access to basic services hinder their socio-professional integration. This study aims to: (1) analyze the socio-economic vulnerabilities of young girls aged 15 to 25 in their journey toward professional integration; (2) evaluate the effectiveness of local public policies regarding socio-professional reintegration. A mixed-methods approach was adopted, combining semi-structured interviews (n=53) with social actors and vulnerable young girls, along with a quantitative survey (n=150). The qualitative analysis, conducted using MAXQDA24 software, enabled the coding and categorization of responses into main themes. The identified categories include family abandonment (51.07%), reproductive health (48.03%), discrimination (75%), and gender-based violence (41.04%). These factors, combined with realities such as forced marriages (31%), sex work (31%), and precarious living conditions, reveal a cycle of social and economic marginalization. Participants' narratives illustrate these obstacles: school dropout (24.1%), early pregnancies (17.2%), and alcoholism (10.3%), which further exclude them from the formal job market. Statistical analyses confirm a high prevalence of early school dropout: 52.8% of participants left school at the primary level, 34% reached middle school, and only 11.3% continued to high school. Only one participant (1.9%) accessed university. These data reveal very limited access to secondary and higher education, affecting less than 15% of young girls, which often confines them to precarious jobs or excludes them entirely from the formal job market. The study proposes strategic recommendations, including adapting training programs to local needs, implementing inclusive policies to combat gender stereotypes, and creating jobs suited to the skills of young girls. These measures aim to break the cycle of vulnerability and promote sustainable social and economic integration for these young women.

Published

2024-11-30

How to Cite

Randimbiarison, N. S., & Rabearisoa, A. H. (2024). Vulnérabilité socio-économique et insertion professionnelle des jeunes filles de 15 à 25 ans dans la commune de Fianarantsoa I à Madagascar : une analyse mixte des perceptions et des défis locaux. ESI Preprints (European Scientific Journal, ESJ), 20(31), 96. https://doi.org/10.19044/esj.2024.v20n31p96

Issue

Section

ESJ Natural/Life/Medical Sciences

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