Impacts socio-économiques des cultures des cuvettes-oasiennes sur la sécurité alimentaire des populations : cas de la cuvette de Guirsilik dans la commune de Goudoumaria (Région de Diffa/ Sud-Est du Niger)
DOI:
https://doi.org/10.19044/esj.2024.v20n29p105Keywords:
Cuvette oasienne, Cultures, Sécurité alimentaire, Goudoumaria, NigerAbstract
La commune de Goudoumaria renferme un potentiel inestimable de cuvettes oasiennes, qui constituent des zones à haute valeur agro-sylvo-pastorale. Mais celles-ci (cuvettes) sont de nos jours majoritairement dégradées ou en voie de l’être, du fait de la combinaison des mauvaises pratiques anthropiques (défrichement abusif exposant les cuvettes à l’ensablement, feux de végétation non contrôlé, (déboisement, techniques culturales peu conservatrices de l’environnement, surpâturage, etc.) et des effets du changement climatique. L’objectif principal visé par la présente étude est d’appréhender l’impact socio-économique et surtout alimentaire de l’exploitation agricole de la cuvette du village de Guirsilik pour les exploitants. À cet effet, une approche à la fois théorique et pratique a été adoptée. De l’approche théorique, qui a consisté à une revue de la littérature, il ressort que les cuvettes sont les principales sources de revenus des populations de la commune de Goudoumaria. Des entretiens individuels avec chaque exploitant dans la cuvette et par focus groupe (au niveau du village) sont menés auprès des producteurs de la cuvette de Guirsilik afin de collecter des données et mesurer la rentabilité économique et financière de l’exploitation. Les spéculations à cycle court (l’oignon et le chou) se sont révélées plus rentables que celles à cycle long comme le manioc, et que les produits agricoles de la cuvette sont majoritairement plus destinés à l’autoconsommation (70%) qu’à la vente (30%), dont 10 % sur les marchés locaux et 20% exportés au Nigeria. En effet, les tubercules représentent 40% de l’écoulement et l’oignon 60 %. En termes d’apport économique, l’exploitation agricole de la cuvette permet à chaque exploitant d’avoir un revenu moyen de 125000 FCFA par campagne, en 2024, pour un investissement agricole de 25000 FCFA. Malgré son importance pour la survie de la population, cette cuvette reste sous la menace constante de l’ensablement, mais aussi de l’inondation selon les années.
Goudoumaria municipal area offers a high-rated potential of oasis basins, areas of high agricultural nomadic and pastoral value. However, these basins are nowadays mostly degraded or in the process of being degraded, due to a combination of man negative practices (abusive land clearing exposing the basins to silting, uncontrolled vegetation fires, deforestation, environmentally-unfriendly farming techniques, overgrazing, etc.) and the effects of climate change. The main objective of this surveil is to comprehend the inhabitants’ socio-economic and food impact of farming in the basin of Guirsilik village. Thus, a methodological approach comprising both theoretical and practical aspects is adopted. The theoretical approach, which consisted of a literature review, revealed that the basins are the main sources of income for Goudoumaria municipality people. Individual and focus group interviews were carried out with producers in the Guirsilik basin to collect data and measure the economic and financial profitability of their operations. Short-cycle crops (onions and cabbage) proved to be more profitable than long-cycle crops such as cassava, and most agricultural products in the basin are aimed for self-consumption (70%) rather than sale (30%), with 10% sold on local markets and 20% exported to Nigeria. Tubers account for 40% of sales and onions 60%. In terms of economic contribution, farming in the basin will provide each farmer with an average income of 125,000 FCFA per season, in 2024, for a farm investment of 25,000 FCFA. Despite its importance for the survival of the population, this basin remains under constant threat of silting up, as well as flooding, depending on the year.