Evaluation des Connaissances, Attitudes et Pratiques des maraîchers face à l’utilisation des pesticides en zone urbaine au Sénégal
DOI:
https://doi.org/10.19044/esj.2025.v21n24p201Keywords:
Pesticide, maraîchage, agriculture urbaine, SénégalAbstract
L’utilisation inappropriée des pesticides par les maraîchers constitue un risque majeur pour l’environnement et la santé humaine. Cette étude évalue les connaissances, les attitudes et les pratiques des agriculteurs concernant l’utilisation des pesticides, ainsi que les facteurs sociodémographiques et économiques associés. Les données collectées à l’aide d’entretiens semi-structurés proviennent d’un échantillon de 235 maraîchers de la ville de Ziguinchor, au Sénégal. Les résultats montrent que la plupart des maraichers sont des femmes (87,66%), ont une tranche d’âge supérieur à 45ans (55,32%) et plus de 10 ans d’expérience dans la pratique du maraîchage, mais n’ont jamais bénéficié de formations techniques (85,23%). La majorité des maraichers ne savent pas lire et comprendre les étiquètes sur les pesticides (70,64%) et connaissent pas les problèmes sur l’environnement liés aux pesticides (55%). Aussi, la plupart d’entre eux ne respectent pas les dosages et normes d’usage (64%) et n’appliquent pas les mesures d’hygiène et de sécurité pendant et après usage des pesticides (59%). Cependant, mais pensent que l’exposition aux pesticides peut avoir des effets sur la santé humaine (75%). L’analyse factorielle a également montré que le genre (p=0,010), l’âge (p=0,014), le statut matrimonial (p=0,003), la scolarité (p<0,001), la surface de parcelle (p=0,049), la formation sur le maraîchage (p=0,006) et le revenu global (p=0,001) influençaient significativement et positivement la connaissance des pesticides. L’attitude est associée significativement et positivement au sexe et au statut du chef de ménage, tandis que les bonnes pratiques sont liées à l’âge (p=0,015) et au revenu (p<0,001). L’analyse de régression logistique ajustée a révélé que le fait d'être un homme (OR=3,179 ; IC à 95% : 0,977-10,347), âgé entre 36 et 45 ans (OR=3,279 ; IC à 95% : 1,114-9,654) et formé (OR=2,516 ; IC à 95% : 0,873-7,250) étaient significativement et positivement associé à une bonne connaissance de l’utilisation des pesticides. Concernant l’attitude, le fait d’être un homme (OR=3,671 ; IC à 95% : 1,138-11,838) et chef de ménage (OR=0,532 ; IC à 95% : 0,273-1,038) étaient positivement et significativement associé à une attitude positive vis-à-vis de l’utilisation des pesticides. En termes de pratiques, le fait d’avoir un âge compris entre 36 et 45 ans (OR=3,815 ; IC à 95% : 1,296-11,231) et un revenu supérieur à 500 000 Fcfa (OR=1,546 ; IC à 95% : 0,632-3,778) étaient positivement et significativement associés à de bonnes pratiques en matière de pesticides. La diffusion des bonnes pratiques d’usage des pesticides doit être renforcée dans les programmes de développement agricole, particulièrement en milieu urbain.
The inappropriate use of pesticides by market gardeners represents a major risk to the environment and human health. This study assesses farmers’ knowledge, attitudes, and practices (KAP) regarding pesticide use, as well as associated socio-demographic and economic factors. Data were collected using a semi-structured questionnaire with a sample of 235 market gardeners in the urban zone of Ziguinchor, southern Senegal. Data were analyzed using descriptive statistics, factorial analysis and logistic regression. The results show that most market gardeners are women (87.66%), are over 45 years old (55.32%) and have more than 10 years' experience in market gardening, but have never received technical training (85.23%). The majority of market gardeners are unable to read and understand pesticide labels (70.64%) and are unaware of the environmental problems associated with pesticide use (55%). Also, most of them do not respect dosages and standards of use of pesticides (64%) and do not apply hygiene and safety measures during and after pesticide use (59%). However, they do believe that exposure to pesticides can affect human health (75%). Factor analysis also reveals that gender (p=0.010), age (p=0.014), marital status (p=0.003), schooling (p<0.001), plot size (p=0.049), training in market gardening (p=0.006), and overall income (p=0.001) are significantly and positively associated with good knowledge of pesticide use. Attitudes about pesticide use are significantly and positively associated with gender and household head, while good practices are linked to age (p = 0.015) and income (p < 0.001). Adjusted logistic regression analysis revealed that being a man (OR=3.179; IC à 95%: 0.977-10,347), aged between 36 and 45 years (OR=3.279; IC à 95%: 1,114-9,654), and trained (OR=2.516; IC à 95%: 0,873-7,250) were significantly associated with good knowledge of pesticide use. About the attitude, being a man (OR=3.671; IC à 95%: 1,138-11,838) and household head (OR=0.532; IC à 95%: 0,273-1,038) were positively and significantly associated with a positive attitude about pesticide use. In terms of practices, having an age between 36 and 45 years (OR=3.815; IC à 95%: 1,296-11,231) and an income over 500,000 Fcfa (OR=1.546; IC à 95%: 0.632-3,778) were positively and significantly associated with good pesticide practices. The dissemination of good practices of pesticide use needs to be reinforced in agricultural development programs, particularly in urban market gardens.